Automne 2008 : arrivée de la pelleteuse sur la prairie que nous venons d'acquérir : une grande page blanche pour écrire le début d'une belle aventure!!!

Pour la petite histoire...

"A Chaveignes, le grand-père de Samuel, Joseph Savaton, travaille avec son fils Jean-Marie, sur une petite ferme. Les engrais dit "chimiques" ont déjà fait leur apparition depuis quelques décennies et leur usage devient la norme. Les rendements et les récoltes deviennent extraordinaires. Les prix des matières premières sont hauts et les agriculteurs investissent en masse dans le matériel moderne.

Tracteurs et autres engins envahissent les champs : la révolution verte est en marche !

 

Comme leurs collègues, Joseph et Jean-Marie utilisent ces nouvelles technologies. Ils sont fascinés de voir leurs récoltes de betteraves et de choux fourragers si abondantes... mais voilà!!! De plus en plus de vaches de leur troupeau de laitières sont malades et quelques unes meurent et cela de plus en plus souvent. Leur constat est simple : si la nourriture proposée aux animaux est source de désordres graves pour eux, qu'en est-il pour les humains qui consomment également ces aliments ? Ils arrête alors l'usage des produits chimiques et, sans que leur action n'ai un nom, ils reconvertissent leur terre en bio.

Nous sommes en 1972.

 

Nager à contre courant n'est pas chose facile : pression familiale, propriétaires qui craignent que leurs terres ne s'appauvrissent et ne deviennent inculte (!), regards et moqueries du voisinage et des collègues.  Pour faire face à ces pressions, ils se rapprochent de groupes d'agriculteurs bio afin d'échanger sur leur pratique et trouver également du soutien. C'est ainsi que lors d'une réunion à Nantes, Jean-Marie et Colette (maman de Samuel) rencontrent Michèle et Claude Echerseau (mes parents). Une belle amitié naît de cette rencontre.

 

Quelques année plus tard, Jean-Marie et Colette déménage à Braye sous Faye puis en 1994 fonde le GAEC de Poulesse avec leur fils Jérôme.

 

Pendant ce temps Samuel suit des études agricoles classiques : l'apprentissage de l'utilisation des produits phytosanitaires renforce sa conviction dans l'envie d'une agriculture différente de celle enseignée.

Puis il part à l'armée (et oui cela existait encore!!) et reviens en Touraine pour travailler chez l'un de mes cousins et chez mes parents. Il participe à reconvertir une petite ferme céréalière sur Trogue. Première expérience de la reconversion et des engrais verts.

En 2000 il rejoint l'entreprise familiale et nous nous marions 3 ans plus tard. Autant vous l'écrire : nos parents respectifs ne s'attendaient pas à cela!!!

En 2006, nous débutons la transformation de nos graines oléagineuses en huile et lançons la vente directe de notre viande bovine.

En 2009, les envies de Samuel et de son frère diffèrent : ils choisissent d'avoir chacun leur ferme tout en continuant de travailler ensemble pour les moments forts de l'année (fauchage des foins, moisson...). Le GAEC de Poulesse devient la SCEA la Ti'Bio d'Aire et nous déménageons sur la commune de Courcoué.

 

La suite, beaucoup d'entre vous la connaisse. Nous construisons de nouveaux bâtiments afin d'accueillir nos activités. Un stabulation libre pour abriter nos animaux à la mauvaise saison, un grand hangar pour stocker nos graines, notre huilerie et notre point de vente. Point de vente qui a rapidement accueilli les produits de nos collègues. "

 

Magali

L'agriculture biologique : une agriculture qui bouge!!!

L'agriculture biologique n'est pas l'agriculture de nos arrières grand-père comme souvent nous pouvons l'entendre. Elle est source de questionnement, de remise en cause et d'innovation. Depuis notre enfance nous pouvons facilement constater les changements et les progrès de cette agriculture : amélioration du matériel (herse étrille, bineuse...) et des techniques.

Elle n'est pas une marche en arrière mais une source d'inspiration : nous faisons de l'agriculture en nous basant sur les expériences de nos aînés et leur bon-sens paysan.

Elle n'est pas une marche en arrière mais bien un pas en avant car le seul fait de renouer un lien fort avec notre terre nourricière est un énorme progrès.

 

Merci à nos parents respectifs de nous avoir débroussailler le chemin et de nous avoir transmis patiemment leur savoir.

Et maintenant...

Le constat sur notre métier est amer : des agriculteurs dépossédés de leur métier, des consommateurs qui ne savent plus ce qu'ils mangent, une explosion des cancers, des matières premières balancées sur les marchés mondiaux....

Face à ce désastre de plus en plus grand, nous avons choisi de devenir de plus en plus autonome et ainsi de nous rapprocher toujours plus de nos terres, de nos animaux et de nos consommateurs.

 

L'autonomie pour la Ti'Bio d'Aire c'est :

 

Sur les élevages :

  • D'être naisseur/engraisseur : pas d'achat de jeune extérieur sauf pour éviter la consanguinité (achat de jeunes truies reproductrices ou de mâles reproducteurs). Ainsi nous connaissons chaque animal parfaitement puisque nous les suivons depuis qu'ils sont nés et eux nous connaissent également très bien.
  • De produire toute l'alimentation de nos animaux. Nous proposons une alimentation la plus variée possible à nos animaux. Comme pour les humains la variété est essentielle : vous ne mangez pas toujours la même chose car vous risqueriez de développer des carences, il en est de même pour les animaux
  • Vendre en direct au consommateur la viande issue des animaux de nos élevages.

 

Sur les terres :

  • Aucun achat d'intrant (ni amendement ou autres produits utilisables en bio). Si l'on souhaite une agriculture plus respectueuse des ressources naturelles, il nous parait évident que les fermes doivent être autonomes en amendement. C'est pourquoi nous avons mis petit à petit des nouvelles pratiques en place : mise en place d'engrais vert (chez nous vesce/avoine), mélange de variétés et d'espèces dans les mêmes parcelles (blé/féverole, pois/triticale...), rotation plus diversifiée.
  • Vente en directe : nous organisons de plus en plus la ferme autour de petits ateliers complémentaires. Ainsi nous diminuons petit à petit la vente des céréales en circuit long. Nous sommes partis d'une réalité simple : sur un territoire, les habitants ont besoin de produits variés donc si nous souhaitons vendre nos produits au plus proche de la ferme, nous devons répondre au maximum à ce besoin. Ainsi nous vous proposons de l'huile, de la viande bovine, de la viande porcine, des asperges et bientôt de la farine et des légumes secs.